L’Anarchisme expliqué à tes parents

L’anarchisme fait peur. On entend beaucoup de gens le nommer sans vraiment qu’on sache de quoi il s’agit. Certains prétendent que ce serait une idéologie prônant le chaos et s’opposant fondamentalement à l’ordre, une doctrine supportée par des hippies utopistes et des punks à chien défendant férocement un monde sans foi ni loi. Mais finalement ceux qui en parlent le plus, et pas forcément le mieux, ce sont ses détracteurs ; pendant que ses partisans restent absents de l’espace politique et médiatique. Comme chantait Ferré :

Y’en a pas un sur cent, et pourtant ils existent.

Pour preuve, moi, j’en suis un et je vais essayer dans cet article de vous exposer ma vision de l’anarchisme, une vision personnelle de la pensée libertaire.

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Études sur l’ordre, l’anarchie et le naturel.

Comprendre l’anarchie

Pour commencer cet article, nous aurons besoin de définir plusieurs concepts afin de garantir que tout le monde parle de la même chose. Cette première partie se révèlera donc rébarbative pour certains, mais elle est primordiale pour vous expliquer clairement mon point de vue.

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Pourquoi a-t-on peur de l’automatisation ?

Quand on parle d’automatisation d’une tâche, on pense souvent au cas des caisses automatiques, du simple fait qu’on les rencontre très souvent dans la vie courante. Ça tombe plutôt bien parce que c’est un très bon exemple de ce que je veux vous parler.

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Neutralité d’Internet et double pensée.

Thèse d’Orwell : 1984

On a souvent tendance à penser que l’anticipation du roman 1984 de Georges Orwell s’est finalement retrouvée assez loin de la vérité. En effet, au premier abord, aucun parti unique ne s’est hissé au sommet de la pyramide politique. Pourtant il reste d’autres points que le roman détaille ; entre autres la surveillance de masse, le contrôle des idées et la double pensée. Cette dernière est difficile à comprendre si on a pas lu le livre, mais je vais essayer de vulgariser l’idée : Elle se décrit en une situation où le peuple est à la fois conscient d’une situation perverse ou absurde, mais où chacun feint de ne pas le savoir pour se préserver individuellement. Concrètement, quand vous regardez un film, lisez un livre, assistez au spectacle d’un magicien,… vous êtes dans la double pensée. Vous savez pertinemment (enfin j’espère…) que ce que vous voyez est truqué, faux, monté de toute pièce, pourtant, et pour pouvoir profiter du spectacle, vous vous forcez à y croire ne serait-ce que pour l’immersion. L’expérience serait totalement gâchée si vous preniez conscience à chaque instant de son caractère fictif. Vous êtes alors convaincu de ne pas y croire, mais faites également semblant d’y croire pour jouir de votre expérience. Voilà pour la double pensée.

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Pourquoi je veux faire de la politique sans adhérer à un parti ?

Le paradoxe démocratique du scrutin

Lors d’une récente discussion avec un ami abstentionniste, je me suis mis à réfléchir sur la place et l’importance des partis politiques dans notre société. En effet, ce dernier me rappelait l’origine de l’expression « donner sa voix », qui est l’action de permettre à quelqu’un d’autre de s’exprimer en son propre nom, d’user de sa personne pour asseoir son autorité et sa légitimité. Ainsi, alors que certains clament haut et fort que les abstentionnistes n’ont pas leur mot à dire dans les débats politiques car ils sont supposément désintéressés de la politique et n’ont pas su faire l’effort de vote, qu’on appelle aujourd’hui « devoir » de vote. Cependant, ne serait-ce plutôt pas à ceux qui ont voté, qui ont donné leur voix de ne pas avoir le droit de participer aux débats ? Le fait est que les abstentionnistes se passent d’intermédiaires et décident de porter eux-mêmes leur message, leurs convictions politiques, etc. Ce sont alors eux qui ont le plus la nécessité et la légitimité de dialoguer, de débattre, de diffuser leurs idées, ne se satisfaisant pas des méthodes de scrutin qu’on leur propose.

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Peut-on comparer l’espéranto et le novlangue ?

Qu’est-ce que l’espéranto

Avant tout, nous allons d’abord définir les notions sur lesquelles nous travailleront. Wikipedia nous apprend ainsi que l’espéranto est une langue artificielle, créée par Ludwik Lejzer Zamenhof au cours du XIXe siècle, « dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues différentes ». Cette langue a la particularité d’être très simple à apprendre, en tout cas pour les personnes qui parlent couramment une langue européenne, qu’elle soit germanique ou romane. L’absence d’exception et sa construction agglutinante, c’est-à-dire que chaque mot se construit à partir d’un radical, de préfixe et de suffixe, permet d’en saisir les rudiments très rapidement. Sa lecture pour un novice en est aussi également simplifiée, puisque chaque famille de mots conservera la même terminaison (-i pour les verbes à l’infinitif, -o pour les substantifs, -a pour les adjectifs, etc).

À première vue donc, l’espéranto ne peut être qu’une bonne chose. Elle permet à chacun, pourvu qu’il se donne la peine d’apprendre la langue, de discuter avec d’autres personnes qui la parlent également. Ainsi, au contraire de l’anglais, qui est une langue maternelle pour certains, personne ne parle espéranto à la naissance. Nous sommes donc tous égaux face à la barrière des langues. De plus, cette langue a l’avantage d’être dite « neutre », c’est-à-dire que les mots n’emportent pas de bagage culturel avec eux. Le sens d’un mot dans une langue étant donné par la communauté qui l’emploie, on peut ainsi observer des différences plus ou moins importantes entre l’anglais britannique et l’anglais étasunien. Ici, la communauté c’est le monde entier. Tout le monde peut parler librement en ne craignant pas de ne pas se faire comprendre, ou pire, de mal se faire comprendre.

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Pourquoi le revenu de base est le fondement d’une société meilleure ?

D’un travail aliénant

Il faut bien admettre que nous sommes bercés, continuellement, dans des idéologies fortes. Ces idéologies ont forgé l’image que nous nous faisons de la société, des liens sociaux, des codes, des relations entre les individus d’une société. Parmi ces idées, on peut citer le rapport d’équivalence entre le travail et l’argent : tout travail mérite salaire et sans travail, on ne peut aspirer à un salaire. Au delà de ça, notre vision du travail est bien définie. Le Larousse décrit d’ailleurs le travail comme une « activité de l’homme appliquée à la production, à la création, à l’entretien de quelque chose ». Cette définition décrit un acte instantané, elle exclut donc l’implication dans une cause politique ou humanitaire par exemple, ou même l’acte de d’inspiration pour un artiste, i.e. la période pendant laquelle il ne produit rien mais capte tous les éléments de la vie qui vont nourrir son imagination, et donc ses œuvres.

L’ordre sociétal que nous nous sommes fixés n’encourage donc pas l’enrichissement personnel, la dévotion à une cause qui nous semble juste, à défendre des idées, à réfléchir sur le monde.

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